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Histoire de la classe

 

Dans la classe, aujourd'hui on a lu quelques portraits de femmes (c'était vraiment parce que c'était le 8 mars). En voici le résultat, garanti authentique. Il manque seulement l'accent suisse allemand.

 

- Le Professeur : "Andreas, qu'est-ce que tu penses de cette femme ?"

- Andreas : "Elle est active et dynamique".

- Le Professeur : "Oui, pourquoi tu peux dire ça ?"

- Andreas : "Parce qu'elle se promène l'après-midi et fait les boutiques d'antiquités".

- Le Professeur : "Elle est active et dynamique parce qu'elle se promène l'après-midi ?"

- Andreas : "Oui et elle prend aussi un petit-déjeuner salé avec du jambon et des œufs."

- Le Professeur : "!?!?!"

 Cinq minutes plus tard.

 - Le Professeur : "Rafael, est-ce que la journée de cette femme a des aspects vraiment féminins ?"

- Rafael : "Oui, le soir, elle mange un yaourt et une salade."

- Le Professeur :"C'est typiquement féminin ? Autre chose ?"

- Rafael : "Quelquefois elle verse une larme à la naissance d'un enfant."

- Le Professeur : "C'est vraiment féminin ?"

- Rafael : "Oui, un homme ne le dirait pas."

- Le Professeur : "Autre chose ?"

- Rafael : "!?!?!"

- Le Professeur : "Et sa profession de sage-femme, ce n'est pas plutôt
féminin ?"

- Rafael : « !?!?!? »

 
 
 

 Une nouvelle histoire de la classe

 

 

Le prof : En français, le mot "indigène" peut avoir des connotations racistes et il vaut mieux utiliser "autochtone".
 

Tout le monde comprend (c’est loin d’être une classe de débutants), mais Fabrizio veut ajouter son grain de sel.
 

Fabrizio : Hier, dans la rue, j'ai vu une affiche pour un concert et on y voyait un indigène.
 

Le prof : Et qu'est-ce qui était écrit, "indigène" ?
 

Fabrizio : Non, "Festival du sud"!
 

Le prof : Ah bon ?!?!
 

Dans la classe, commencent les rires, plus ou moins discrets.
 

Fabrizio : Mais il y avait un indigène sur l'affiche.
 

Le prof, croisant le regard complice et peiné de Simona : Oui, oui.
 

Quelques minutes plus tard.
 

 

Le prof, décidément très normatif aujourd'hui : Maintenant, en France, chacun peut choisir librement le prénom de ses enfants. L'administration ne peut intervenir qu'après coup et certains parents en profitent pour choisir des noms originaux : quand vous appelez une petite fille Cerise ou Framboise, c'est mignon. Mais quand elle grandit, cela peut être dur à porter, non ?

 

Fabrizio : Moi je m'appelle Fabrizio, c'est comme Framboise. Et en plus j'ai un pull de la même couleur.
 

Silence gêné dans la salle. Simona regarde le prof, compatissante. Sa vocation d'enseignante vient d'être définitivement enterrée. 




Encore une histoire de classe




M. Phrase, le directeur adjoint, un Oriental moyen, jovial quoique parfois retors, sec comme un pruneau, brillant comme une olive, errait dans les couloirs de l’Institut Flambard, sans doute à l’affût d’un bruit (ah ces fameux bruits de couloir qui modèlent l’atmosphère de toute entreprise).

Il avisa Antoine, le plus « vieux », quoique quadragénaire, des profs de l’Institut, renommé parmi ses collègues pour sa nonchalance et son j’menfoutisme.

Il l’interpella :

« Alors Antoine, tout va bien ? Satisfait de votre classe ?

- Oui Monsieur, pas de problème.

- Et j’ai vu sur la feuille de présence que Monica Dos Santos, la jeune Brésilienne, était toujours présente, très assidue. Elle fait des progrès ?

- Oui Monsieur, elle progresse régulièrement.

- Ah bon, parce que ses parents viennent de me faire parvenir un courrier…

Silence ménageant le suspense.

- Elle est décédée il y a deux semaines dans un accident de voiture. »



Amours modernes

 

 Bianca est une jeune Australienne, plutôt jolie, pas trop guindée, et encore moins après 3h du matin, mais le prospectus qu'elle a reçu ce matin rue de Rennes l'a profondément troublée.

En fait, avec une pointe d'accent qui rappelait quelqu'un aux cinéphiles avertis, elle a trouvé ça "dégueulasse". Et sa première question fut pour demander si c'était un procédé habituel des Français pour lier connaissance. Quel était donc le contenu du prospectus incriminé ?

A côté de la photographie en pied d'un homme blond en tenue de karatéka et aux traits indiscernables, on pouvait lire le texte suivant :

 

"Mademoiselle, vous me plaisez beaucoup et j'aimerais faire votre connaissance. Je m'appelle Gilles. J'ai 32 ans. Je suis informaticien. Je suis sportif, ceinture noire de karaté. J'aime sortir, aller au cinéma... Je suis très sensuel et excité à l'idée que nous partagions nos jeux érotiques avec une autre femme..."

 

Suivaient quelques autres considérations sur les activités culturelles de ce monsieur et le numéro de son portable, que je me garderai bien de révéler ici. On ne sait jamais, on peut être lu par n'importe qui.

Le premier choc, légitime, passé, nous nous sommes demandé ce que Bianca avait trouvé le plus "dégueulasse", cette manière polycopiée de draguer en masse ou les penchants triangulaires de l'auteur. Mais personne n'a osé lui poser la question.

 

 

 

      Bonne année

 

 

Dans les couloirs de l’Institut.

- Bonjour Madame, je vous présente tous mes vœux pour la nouvelle année.

- Bonjour. Bonne année à vous aussi. Mais, excusez-moi, je ne vous remets pas. En tout cas, je vous félicite, vous avez une excellente prononciation. Vous êtes un de mes anciens étudiants ?

- Non, je suis le coordinateur pédagogique.

 


Lentilles

 


Un beau matin, ou était-ce un bel après-midi ?, le señor Francisco G., diplomate argentin et argenté en poste à Paris, prit à part Joël M., professeur distingué et désargenté de l’Institut Flambard. Il avait un grand service à lui demander. Maria Eugenia, sa fille (Maru, pour la famille), une bambine habituellement  joyeuse de 8 ans, traversait une grave crise dépressive.
Joël (Jo, pour les collègues) faillit commencer par arguer du fait qu’il n’était pas un « pédagogue » au sens strict et avait choisi ce poste d’enseignant pour adultes par détestation du genre infantile. Il se contenta cependant d’un « bah » incertain.Mais Francisco G. lui fit comprendre immédiatement que le problème serait facile à résoudre pour un lexicologue francophone et émérite tel que lui. Flatté, Jo écouta donc.
Les jolis yeux de Maru (au nombre de deux, semblait-il) avaient des problèmes d’acuité visuelle et l’ophtalmologue consulté (l’ophtalmo, pour ses clients) lui avait prescrit de porter des lentilles. La petite Maru, ne comprenant pas ce vocable, s’était, dès son retour à la maison, précipitée sur son dictionnaire bilingue de poche. Et, quand elle avait découvert qu’on voulait lui introduire des légumes secs dans ses globes oculaires, elle avait piqué une crise de nerfs et s’était effondrée en pleurant.La tâche de Joël était donc de rassurer la petiote en lui montrant que la lentille française avait un double sens.On ne sait exactement comment il s’acquitta de sa mission, mais, une semaine plus tard, Maru fit admirer à ses camarades de classe une magnifique paire de lunettes à monture rouge.





Enervement

 

Bansara et Kanchanamata sont deux religieuses indiennes, de blanc et bleu vêtues, mais elles n’ont rien à voir avec les Yuan ou les Qing.

Ces deux solides filles de paysans (quoique Kanchanamata semble plus enrobée que solide) viennent du même pauvre village  et on peut raisonnablement penser que la misère autant que la foi est à l’origine de leur vocation, sans risque de blasphémer.

Elles exercent toutes deux leur ministère dans un jardin d’enfants romain.

Aujourd’hui le professeur a lancé un débat sur le thème périlleux « Qu’est-ce qui vous énerve dans la vie ? ».

Bien sûr, les quelques Helvètes présents n’ont pas protesté contre la fraude fiscale mais contre les crottes de chiens parisiennes, une Brésilienne s’est plainte des baignoires qui ne disposaient pas de rideau de douche,une Italienne de l’absence de bidet dans les mêmes salles de bain, un Mexicain de l’arrogance des Français…

Quand le professeur insista pour que Bansara prenne la parole, elle déclara simplement :  « les cris des enfants ».

Un silence impressionnant s’imposa alors dans la salle de classe.



Explications



Joël (Jo, pour les collègues), le professeur émérite de l’Institut Flambard, que, fidèle lecteur/trice (rayez la mention inutile), vous connaissez déjà (c’est énervant, cette surabondance de parenthèses, vous ne trouvez pas ?), a eu, aujourd’hui, l’idée de débattre en classe des professions, de leurs avantages et inconvénients.

Quand on aborde le noble métier d’enseignant, Nick, avocat néerlandais de son état, prend la parole :

- Ce qui m’énerve, c’est que, quand tu discutes avec un professeur, même si tu as compris un problème, il éprouve la nécessité de tout t’expliquer en détail. Il ne peut pas s’en empêcher.

- C’est vrai, doit reconnaître Jo, gêné aux entournures, mais je vais t’expliquer pourquoi…

 

 

Train train

 

Suzie est une nouvelle arrivée parmi les profs de l’Institut Flambard. Cette jeune femme rousse, frisée et tache-de-roussée incarne le prototype de la parfaite Irlandaise, ce qu’elle n’est pas.

Dynamique et imaginative, elle a tout ce qu’il faut pour bien animer une classe (quoique la rousseur ne soit pas vraiment une obligation).

Ce matin, elle a narré une de ses aventures de classe à sa copine Sabrina. Hélas, les oreilles de Danielle, la commère institutionnelle, traînaient par là. Tous les enseignants de l’Institut ont donc pu faire circuler ce récit que je vous rapporte ici.

Hier, elle a tenté d’expliquer le présent progressif à ses élèves. Et, faisant preuve de pédagogie efficace pour que la structure « je suis en train de travailler » soit acquise, elle a dessiné une belle locomotive blanche au tableau noir (l’Institut n’a pas les moyens de renouveler son matériel), au lieu de se contenter d’une bête liste de quelques exemples.

Mais, quelquefois le mieux est l’ennemi du bien et, aujourd’hui, Patricia (« appelez-moi Pat »), une solide quadragénaire étatsunienne, a voulu montrer qu’elle avait tout compris et, souriante, s’est tournée vers Suzie et lui a déclaré tout de go en entrant dans la salle : « Je suis en bus de penser à mon fils ».

Il y a des vocations artistiques gâchées. 

 

 

 

Tempête sur Haïti


 Ce matin,Joël (vous pouvez l’appeler Jo) abordait tout nouvel arrivant dans la salle des profs de l’Institut Flambard. Nul ne pouvait lui échapper. Il faut dire qu’il est toujours le premier présent (et le dernier parti) : il se pointe toujours vers les 7h, alors que les cours commencent à 8h, pour fuir son appartement, son épouse féministe militante et sa fille trotskiste.

- Tu as vu pour Haïti ?

- Oui, c’est dramatique, ce tremblement de terre. Pauvres gens.

- Je ne sais pas ce qui leur a pris.

Incompréhension de son interlocuteur.

- De qui tu parles ?

- Des journalistes bien sûr. Tu n’as pas entendu ? Ils disent tous « en Haïti », alors qu’on nous avait toujours appris qu’on devait dire « à Haïti » !

Là son interlocuteur (ou trice) ne peut que rester muet devant un tel cri de désespoir. Et Joël en rajoute une louche :

- Ils nous ont déjà fait le coup avec « en Martinique » au lieu de « à la Martinique ». je me demande qui décide de ça.

- Si on écarte l’hypothèse du complot international, ce doit être une commission de l’Académie française ou de vieux débris du même style. Il faut dire à leur décharge que pour les noms d’îles c’était un vrai bordel : à Chypre, en Crète, à Haïti, à la Martinique. C’était difficile de s’y retrouver. Tu expliquais ça comment à tes élèves ?

Vous noterez qu’entre eux les enseignants n’adoptent pas toujours le langage châtié qu’ils sont sensés utiliser avec les étudiants.

- Tu vas voir qu’ils vont bientôt manifester pour la liberté d’expression en Cuba !

- Tant qu’ils ne nous parlent pas de touristes au Cuba.

- Heureusement, je n’ai plus à supporter ça longtemps : je pars bientôt à la retraite.

- Ah non ! Maintenant on doit dire « en retraite ».


 


      Réunion

 


      Pour la bonne compréhension de cette historiette, il est recommandé au lecteur de lire auparavant Tempête sur Haïti disponible gratuitement à la même adresse.

 

Danielle est l'ennemie intime de Joël à l'Institut Flambard. Et cela depuis plus de vingt ans: ils sont les doyens de l'école.

Un jour, dans la salle des profs, il a même menacé de la gifler parce qu'elle voulait (drôle d'idée) enlever un grain de poussière de son veston (quelle que soit la température, Joël est toujours vestonné et cravaté):

- Tu as une poussière.

- Ne me touche pas ou tu t'en prends une!

Ce matin, elle s'est dirigée vers lui, un sourire tromphant et narquois aux lèvres (essayez, c'est toute une technique).

- Tu dois être content. Tu as vu l'annonce du match de l'équipe de France contre la Chine?

- ???? 

Joël a au moins une qualité, il ne s'intéresse nullement au foot.

- Toute la presse précise que l'équipe de France est à la Réunion pour disputer son match...

"à la Réunion"! Toi qui protestais contre les changements de préposition à cause de "en Haïti", tu vois qu'il y a encore des exceptions à la règle. On ne dit pas encore "en Réunion". Ça devrait te faire plaisir.

A ce moment, M. Delaufroid, le conseiller pédagogique, passa sa tête à travers la porte entrebaillée et les interpella:

- Qu'est-ce que vous faites là tous les deux? Tout le monde vous attend en réunion pédagogique.

- A la réunion!

 

 

Embarquement

 

Aujourd’hui, la classe prend l’eau.

 

Beatriz : Professeur, professeur !

 

Le professeur : On ne dit pas professeur en français. Vous pouvez dire Monsieur ou bien m’appeler par mon prénom, Joël.

 

Beatriz : D’accord. Professeur, qu’est-ce que c’est une barque ?

 

Le professeur : Une barque c’est un petit bateau qu’on peut utiliser sur une rivière ou un lac.

 

Très coquin aujourd’hui, Joël se tourne vers la première étudiante située à sa droite, une Suissesse prénommée Ursula (Uschi pour quelques intimes).

 

Le professeur : Et vous, Ursula, un beau jeune homme ne vous a pas encore invitée à faire une promenade en barque sur le lac du Bois de Vincennes ?

 

A ces mots,  soudain écarlate, la pauvre Uschi jette un œil désespéré vers Hans Ruedi, un solide compatriote, devenu bien rougeaud lui aussi, sous le regard amusé ou étonné des autres étudiants. Ah ça, le prof, en plus de ses innombrables qualités professionnelles, serait-il aussi médium ?

 

Feuille jaune

 

- Tu sais, Franck, certains de tes collègues exagèrent !

- Ah oui, Fernanda ?

- Oui, l’autre jour, Bernadette a distribué dans sa classe des papiers pour savoir ce que les étudiants pensaient du cours de français.

- Ah oui, les feuilles jaunes !

En effet, à l’Institut Flambard, les feuilles mensuelles d’évaluation des enseignants sont de couleur jaune.

- Oui. Et bien, elle n’a pas aimé les critiques que mon amie Akiko avait faites. Elle l’a prise à part à la fin de la classe.

Fernanda maîtrise parfaitement l’accord du participe passé avec le verbe avoir.

- Elle a dit à Akiko que son emploi et son salaire dépendaient de ses feuilles et elle lui a demandé de réécrire la sienne. Elle exagère !

Fernanda aime bien employer le verbe exagérer qu’elle a pourtant mis du temps à prononcer correctement.

- Et alors ? Akiko a accepté ?

- Oui. Moi, je ne l’aurais jamais fait.

- Tu as raison, Fernanda, certains de mes collègues exagèrent. Mais continue à me masser les pieds pendant que nous parlons.

 

 

 

 

Entendu en classe

 

 

 

 

 

- Chez nous, en Autriche, quand l’hiver arrive, les SDF prennent une grosse pierre et la jettent dans une vitrine, la police les arrête et ils passent l’hiver bien au chaud, nourris et logés.

- Vienne est en effet bien connue pour ses vitrines éventrées.

 

- Les Français sont sales. Les Brésiliens prennent toujours deux douches par jour.

- Dans les favelas aussi ?

- Oui aussi.

- Vous allez souvent dans les favelas ?

- Je les vois par la fenêtre de ma chambre.

 

- Votre premier cours de phonétique, c’était bien ?

- Oui, maintenant je comprends la différence entre je et tu.

 

- Pourquoi tu t’habilles toujours en noir ?

- Je porte le deuil de mon corps.

 

- Arrête de te pencher pour me faire la bise, ça m’énerve.

 

Débat sur la fidélité.

Maria, Colombienne, 24 ans : "Mon père n’a jamais trompé ma mère."

Ria, Finlandaise, 52 ans : "Tu penses qu’il te l’aurait annoncé ?"

 

Vous êtes à Paris depuis trois mois maintenant, alors quelles sont vos impressions sur les Français ?

Ulrika, une blonde Suissesse au nez peut-être un peu trop long :  « Les Français sont froids, ils ne vous parlent jamais. J’ai passé trois mois toute seule ».

Barbara, une jeune Allemande au physique plus conventionnel :  « Les Français sont fous, ils te draguent tout le temps ».

 

Qu’est-ce qui vous étonne dans les habitudes culturelles des autres pays ?

Patricia, une solide quinquagénaire américaine s’étonne : « En Arabie Saoudite les femmes n’ont pas le droit de conduire une voiture ».

Fatima lui répond immédiatement : « Mais c’est agréable de se faire conduire ! ».

 

 

 

 

Bureau des pleurs

 

 

 

Joël s'épanche, pas à la fenêtre (ce peut être dangereux) mais dans la salle des profs:

- Il y a des parents qui exagèrent! Ils se débarrassent de leurs enfants en les envoyant suivre des cours d’été à l’étranger et nous devons nous débrouiller avec eux.

J’ai hérité d’un Jonathan bien débile qui sème la panique dans la classe: le premier jour, il est arrivé, il a dit «Hi» et m’a donné une grande tape dans le dos.

- Et toi, tu as dit «Aie».

- Et en plus, il pue, personne ne veut s’asseoir à côté de lui.

Marie a bon coeur :

- Il est handicapé. Il a le bras gauche bloqué, le pauvre, il le tient toujours derrière le dos.

Franck :

- Mes étudiantes se sont plaintes, il en profite pour les tripoter quand il les croise dans les escaliers.

Viviane, fielleuse :

- Ah je vois. Il empiète sur tes privilèges.

Aline surenchérit:

- Moi, c’est pareil, j’ai un Brésilien névrotique. Il doit prendre des cachets tous les matins mais quelquefois il oublie. Alors il pique des colères. Sa famille d’accueil s’est déjà plainte à la direction de l’école. L’autre jour, quand j’ai voulu corriger sa prononciation, il m’a injuriée en portugais. Vous vous rendez compte ?

- Moi, c’est un Suisse, Raphaël, il contredit tout le monde tout le temps. Hier, il ne comprenait pas le mot «civilisation», sa voisine a voulu l’aider et lui a dit que c’était la même chose en allemand. Il  a répondu : «C’est peut être la même chose en allemand mais pas en suisse allemand». Alors je lui ai dit : «C’est normal, l’idée n’existe peut-être pas en Suisse». Ça l’a satisfait.

- Ah, ma pauvre dame, on est bien malheureux d’être prof. C’est dommage qu’il y ait des étudiants dans les classes pour gâcher la profession!


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